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La Photographie de Voyage avec les objectifs Sigma par Marie Bouhiron

Marie Bouhiron, est une photographe qui n’aime pas rester en place. Entre l’effervescence des marchées d’Asie du Sud-Est, les grands espaces australiens et les paysages de Polynésie, elle construit depuis plusieurs années maintenant au fil de ses voyages un travail nourri par l’ailleurs. Dans son sac photo, un kit Sigma pensé pour faire face au nombreux sujets du photographe de voyage, et une curiosité pour les autres cultures qui se lit dans ses images. Aujourd’hui, elle prend la parole sur notre blog et nous parle de photographie, de voyage, et de ce que ça fait de vivre autrement.

Sigma France : Bonjour Marie. Peux-tu, pour commencer, te présenter à nos lecteurs qui ne connaitraient pas ton travail ? Te considères-tu comme photographe qui voyage, ou une voyageuse qui prend des photos  ?

Marie Bouhiron : Je me considère avant tout comme photographe, car bien avant de voyager, la photo faisait déjà partie de ma vie. Cela fait plus de 15 ans que je pratique la photographie, et elle occupe une place essentielle dans mon quotidien. Mais j’ai aussi toujours eu un attrait très fort pour le voyage, notamment grâce à mes parents avec qui j’ai eu la chance de découvrir plusieurs pays lorsque j’étais plus jeune !!  Puis, en 2022, j’ai décidé de franchir le cap et de partir photographier le monde qui m’entoure. Depuis, j’ai passé quatre années à voyager entre l’Asie, l’Océanie et l’Amérique du Sud.

Tu photographies avec les 28-70mm, 35mm F2 et 100-400mm de la gamme Contemporary Sigma. Comment as-tu construit ton kit, pour quels besoins ?

La gamme Contemporary correspond parfaitement à mes besoins, car elle combine très bien performance et compacité.  Le 35mm F2 est génial pour sa petite taille : il est léger, discret et très agréable à utiliser au quotidien. Le 28-70mm est clairement l’objectif que j’ai le plus utilisé, grâce à sa polyvalence et à son excellent piqué. C’est celui que je garde le plus souvent sur mon appareil.  Le 100-400mm, plus spécifique, reste très intéressant pour photographier les animaux ou des scènes plus éloignées.

Le 35mm F2 est considéré par beaucoup de photographes comme l’objectif du quotidien. C’est une focale que tu as beaucoup pratiquée en portait. Mais cette focale implique une certaine proximité.  Comment adaptes-tu ton approche selon les pays où la question de l’intimité et du respect de l’autre peut être bien différente de chez nous ?

C’est vrai que le 35mm demande une certaine proximité avec les sujets. En voyage, je l’utilise finalement un peu moins souvent pour cette raison. En revanche, je l’adore dans les environnements très vivants et plus étroits, comme les marchés ou les petites rues des grandes villes d’Asie du Sud-Est, par exemple à Bangkok, Hanoï ou Vientiane. Dans ce type d’endroit, la proximité avec les gens fait naturellement partie de l’ambiance, ce qui permet d’utiliser cette focale de manière plus fluide et spontanée, tout en restant respectueuse !

Comment demandes-tu la permission de photographier quelqu’un quand tu ne parles pas la langue ? As-tu des astuces à partager avec nos lecteurs ?

La plupart du temps, j’apprends simplement une petite phrase avant de partir. Et sinon, le langage non verbal fonctionne très bien : un sourire, un geste vers l’appareil ou le fait de montrer l’intention de prendre une photo suffisent souvent à se faire comprendre ahah !  Le plus important reste surtout l’attitude et le respect. On ressent très vite si la personne est à l’aise ou non.

A l’autre bout du range, quels sujets destines-tu le 100-400mm ? Est-ce une focale facile à pratiquer au quotidien ?

C’est clairement l’objectif que j’utilise le moins au quotidien, car il est forcément moins pratique et plus encombrant. En revanche, dès qu’il s’agit de photographier des animaux ou des sujets éloignés, il devient extrêmement intéressant. Le rendu est vraiment impressionnant, notamment en voyage ou dans des environnements naturels.

Est-ce que la chaleur, l’humidité ou la poussière ont déjà mis à l’épreuve tes objectifs Sigma ? Comment gères-tu la protection du matériel ?

Après quatre années de voyage (surtout avec le 28-70mm)mes objectifs sont encore en très bon état. Je fais toujours attention à les transporter dans un sac photo adapté afin de les protéger au maximum. Mais ils ont tout de même été confrontés à des conditions assez extrêmes : humidité, sable, poussière, chaleur…  J’ai toujours avec moi un souffleur ainsi qu’un petit chiffon microfibre pour les nettoyer régulièrement et éviter que des poussières ne s’accumulent.

As-tu déjà raté une photo à cause d’un mauvais choix d’optique sur le terrain ? Et l’inverse, une composition qui t’a surprise grâce à une focale inattendue ?

Honnêtement, ça ne m’est jamais vraiment arrivé. Quand j’ai un doute ou que je ne sais pas exactement ce que je vais photographier, je garde généralement le 28-70mm monté sur mon appareil. C’est un objectif très polyvalent qui me permet de m’adapter rapidement à beaucoup de situations différentes, sans avoir à réfléchir au changement d’optique.

Être une femme française avec un appareil photo dans un pays d’étrangers, est-ce que ça crée des situations particulières, des tensions ou au contraire des ouvertures inattendues ?

Pas du tout, au contraire. Les gens sont généralement très bienveillants et à l’aise avec moi. La photographie m’a permis de faire de très belles rencontres au fil des voyages. J’aime aussi beaucoup partager les images avec les personnes que je photographie : il m’arrive souvent de leur envoyer les photos via WhatsApp, et ils sont toujours très heureux de les recevoir. C’est une manière simple de créer un vrai échange autour de la photo.

Quel est le portrait, la rencontre, à l’autre bout du monde, dont tu es la plus fière ?

Je me baladais dans les rues de Malacca, en Malaisie, quand je suis tombée sur une petite boutique. J’ai commencé à observer cette femme travailler : il y avait une telle aisance dans ses gestes, presque hypnotique !! Je l’ai photographiée, puis cela a naturellement ouvert une discussion entre nous. De fil en aiguille, elle m’a même proposé un petit cours improvisé de calligraphie. Autant dire que j’étais loin d’avoir son niveau… mais c’était justement ça qui rendait le moment encore plus beau.

Quel a été ton premier vrai choc culturel ? Pas celui qu’on préparant son voyage et en lisant des guides, mais celui qu’on n’avait pas vu venir ?

Honnêtement, je ne dirais pas que j’ai vécu un vrai choc culturel marquant. À la place, ce qui m’a surtout frappée, c’est à quel point les gens ont été gentils avec nous partout où nous sommes allés. Que ce soit en Thaïlande, au Japon, en Malaisie, en Indonésie ou en Australie, nous avons fait de très belles rencontres à chaque étape du voyage. J’ai aussi été touchée par l’ouverture d’esprit des enfants, toujours curieux, toujours enthousiastes à l’idée d’en apprendre plus sur nous et notre manière de vivre.

Le mal du pays : comment il se manifeste concrètement pour toi? C’est une odeur, un plat, un son, un aliment, un moment de la journée ?

Même si j’aime profondément la France, j’ai surtout essayé de profiter pleinement de la chance que j’avais de pouvoir voyager. Ce qui me manquait davantage, ce n’était pas un lieu en particulier, mais plutôt une forme de stabilité que j’avais en France, ainsi que certains petits plaisirs du quotidien : aller au marché le dimanche matin, flâner dans les brocantes, ou simplement retrouver ces habitudes simples qui rythment la vie de tous les jours.

Qu’est-ce que tu ferais différemment si tu recommençais ? Dans la façon dont tu t’organises avant de partir, dans ce que tu emportes, dans la façon dont tu t’intègres à un nouvel endroit ?

Honnêtement, rien. Je referais exactement la même chose. J’ai très peu préparé ce voyage, seulement les deux premières nuits étaient réservées !!  et c’était finalement parfait pour moi. Je ne changerais rien à cette façon de faire, car je me suis vraiment laissée porter par l’aventure, avec une forme d’insouciance qui faisait partie intégrante de l’expérience.

Quels sont les incontournables de ton sac à dos, quand chaque gramme compte ? Ceux qui t’ont changé la vie en tant que photographe voyageuse ?

Je ne suis pas forcément un bon exemple en termes de minimalisme : mon sac photo faisait environ 8 kg, auquel s’ajoutait un second sac avec mes vêtements et affaires personnelles, autour de 11 kg !! Avec le recul, je dirais simplement que le 100-400mm est l’optique la plus encombrante par rapport à l’usage que j’en fais, qui reste assez ponctuel. Mais je n’ai aucun regret, car ce type de zoom permet d’obtenir des rendus vraiment impressionnants et ouvre des possibilités créatives très intéressantes en voyage!!

Comment gères-tu tes fichiers et la sauvegarde de tes images en voyage, alors que tu es loin de chez toi et exposée au vol ou à la perte ?

Alors c’est très simple : j’ai deux SSD externes, et je fais une sauvegarde sur le second. Je veille aussi à ne pas les ranger au même endroit pour éviter de tout perdre en cas de problème. Ensuite, quand un proche vient me rejoindre en voyage, je lui confie l’un des deux SSD pour qu’il le ramène en sécurité, et j’en rachète un nouveau pour continuer à faire mes backups sur place !! En quatre années, avec cette méthode, je n’ai eu aucun souci, mais je suis aussi consciente d’avoir eu beaucoup de chance.

Tu as voyagé en Australie et en Nouvelle-Zélande, deux pays où les distances sont immenses pour nous français. Comment planifies-tu un road trip photo dans ces conditions ?

Je ne suis pas forcément un bon exemple en matière de planification, car je ne planifie pas tant que ça ahah ! Quand je tombe sur un endroit qui me plaît sur Instagram ou ailleurs, je l’épingle simplement sur Google Maps. Au fil du temps, je me retrouve avec beaucoup de points répartis sur la carte, et lors d’un road trip, je les suis assez spontanément ! Une fois sur place, j’aime aussi demander aux locaux s’ils ont des endroits à me recommander. C’est souvent comme ça que je découvre les plus belles pépites. Et puis, l’avantage en Australie et en Nouvelle-Zélande, c’est que j’ai voyagé en 4×4 aménagé ou en camping-car, ce qui apporte une vraie liberté du style pas de contraintes de réservations d’hôtels, et donc la possibilité de s’adapter totalement au rythme du voyage et aux opportunités du moment.

Pour quelqu’un qui voudrait se lancer dans ce type de voyage photographique, quelle serait ta première recommandation, et ton premier avertissement ?

Ma première recommandation serait de ne pas trop s’encombrer. Un simple 28-70mm suffit largement pour obtenir de très beaux rendus et couvrir énormément de situations. L’idée, c’est surtout de photographier le plus possible : c’est comme ça que ton regard s’affine progressivement. Et mon premier avertissement serait de toujours faire des backups. On pense souvent que ça n’arrive qu’aux autres… et puis il suffit d’une seule fois pour tout perdre. Mieux vaut être trop prudent que pas assez.

A travers ses images et ses mots, Marie Bouhiron nous rappelle que la photographie de voyage n’est pas qu’une question de lumière ou de focale. C’est avant tout une façon d’être au monde et aux autres. Ses images sont le résultat de tout ce qu’on ne voit pas devant l’objectif : les hésitations avant d’appuyer sur le déclencheur, les barrières de langue franchies avec un sourire, les matins difficiles loin de chez soi. Retrouvez ses journaux de bord à travers le monde sur son site et ses réseaux sociaux.

Marie Bouhiron

J’ai orienté mon travail vers le reportage, dans le but de restituer au plus juste l’essence de mon voyage. Cette transition m’a amenée à sortir de ma zone de confort et à repenser entièrement ma pratique photographique. Passer d’un univers centré sur la mode et le lifestyle à celui du reportage représente un véritable changement de regard. Il s’agit désormais de capturer des instants de vie, de retranscrire la réalité et de saisir l’émotion dans son authenticité. Au cours de ces 4 années, j’ai pu approfondir cette approche, en développant une attention plus fine à ce qui m’entoure et aux scènes du quotidien.