CLUB FOVEON #2 : Hugues Duroir

CLUB FOVEON #2 : Hugues Duroir

Fils d’un grand passionné, photographe et conservateur du Musée de la photographie de Graçay, Hugues a baigné dans le huitième art et le matériel dès sa plus tendre enfance.  Après avoir testé de nombreuses solutions, c’est finalement vers les boîtiers SIGMA qu’il se tourne pour réaliser ses portraits en studio. Au programme de cette rencontre : compacité, synchro flash et qualité d’image superlative.

 

 

// Bonjour Hugues, peux-tu te présenter en quelques mots à nos internautes ?

Bonjour, j’ai 35 ans et je suis le fils d’un grand passionné : photographe, collectionneur d’appareils photos et conservateur du Musée de la photographie de Graçay dans le Cher. La photographie et la musique occupent une place importante dans ma vie et j’ai sans cesse besoin de créer de nouvelles choses. Je me définis comme un photographe portraitiste amateur.

// Pour en avoir discuté avec toi lors de notre rencontre sur le Forum Pro Images en Juin dernier (http://www.forumproimages.fr/) tu sembles avoir utilisé énormément de boîtiers et objectifs dans ta vie de photographe, pourquoi as-tu privilégié le DP3 Merrill pour réaliser cette série ? Pourquoi le DP3 Merrill plutôt qu’un boîtier Moyen Format ?

Effectivement de nombreux boîtiers passent entre mes mains et je passe du TLR 6×6 aux réflexes numériques de dernière génération. Travaillant depuis longtemps avec divers objectifs Sigma sur mon réflex numérique, j’ai été surpris et conquis par la série DP Merrill au dernier salon de la photo et notamment le DP3 Merrill car il répond aux critères de ma pratique photographique le portrait et la mode.
Un mini télé équivalent 75mm à grande ouverture f2.8 et de surcroit macro, l’objectif Sigma monté sur le DP3 Merrill propose des images piquées dès f2.8, aucune aberration chromatique et pas de distorsion. De plus l’obturateur du DP3 me permet des synchros flash jusqu’au 1/2000ème ce qui est très utile pour figer des mouvements de modèle ou créer des ambiances lumineuses en plein jour. On compare souvent les DP aux boitiers moyens format. Dire que le Foveon X3 46 MP est l’équivalent d’un boitier moyen format est faux mais l’on peut plutôt apprécier le rendu des textures, le piqué, l’effet tridimensionnel ressenti devant les tirages qui effectivement rappelle ce que l’on peut obtenir avec un moyen format. J’ai travaillé avec des ouvertures de f2.8 à f9, il m’aurait été impossible d’obtenir le piqué homogène et la profondeur de champ voulu à l’aide de mon moyen format argentique avec ces mêmes ouvertures; les modèles apprécieront de prendre moins de flash dans les yeux. Pour ma série de face painting, j’ai donc opté pour un appareil capable de reproduire fidèlement le travail du maquillage artistique et de garder les textures de matière sur la peau : le DP3 Merrill s’imposait donc naturellement.

// Comment est accueilli le DP3 Merrill par tes modèles ? Ce n’est pas vraiment le type de boîtier qu’elles doivent s’attendre à voir sur ce type de shooting !

Dans mon studio il y a 3 MF avec leurs objectifs disposés sur une table à l’entrée, les modèles se sentent donc bien dans un univers qui pour eux donne une impression de « pro »; les différents et imposants modeleurs ainsi que les flashs de studio contribuent aussi à ce ressenti… Enfin une fois devant les modèles avec mon DP3 à l’œil (oui j’utilise une loupe de visée sur l’écran arrière) je vois le regard légèrement intrigué de certains modèles, pensant peut-être que je vais faire des tests et qu’après je vais prendre un « vrai appareil photo »… Une fois les images affichées sur le poste de travail, les modèles commencent à me questionner sur cet appareil : « mais il fait combien de millions de pixels? », « est-ce un appareil qui n’est destiné qu’aux professionnels? » et bien sûr j’ai eu droit au fameux : « il fait de belles photos cet appareil… » De nombreux modèles de cette série me connaissent déjà et sont habitués à voir mes différents équipements, donc de manière générale je n’ai pas de remarques sur mon petit boitier noir.

// La lumière est très importante dans tes images, peux-tu nous en dire plus sur ta technique d’éclairage ?

La lumière me permet d’accentuer ou d’effacer certains traits d’un visage, de donner du contraste à mes images mais sur cette série je dois aussi faire attention au maquillage qui a été fait : certains produits brillent, d’autres absorbe la lumière, je dois donc tenir compte de tout ces facteurs pour être au plus près de la création de la maquilleuse et malgré tout, rendre la beauté de mon modèle, et ceci dans des plans tous très proches et relativement serrés.
J’ai utilisé 2 à 3 sources de lumières pour cette série : lumière principale, de remplissage et de séparation plus un réflecteur argent positionné devant le modèle. Les modeleurs sont différents suivant le make-up : bol beauté (avec ou sans diffuseur), Octogone 120 cm + grille, parapluie parabolique, mini softbox 40x40cm, coupe flux…

// Utilises-tu le DP3 Merrill en dehors de ton studio ? Quels sont selon toi ses domaines de prédilection ?

Je fais beaucoup de photos de portrait et de mode, donc si je dois être en extérieur je peux utiliser mon DP3. Je dois avouer que quand je sors du studio, je prends mon télémètre pour faire le reste de mes photos ou mon équipement réflex si je dois couvrir une activité sportive ou un spectacle. Pour moi le DP3 est essentiellement un boitier à portrait, qui saura aussi procurer de belles images en proxi grâce son grossissement de 1:3, les adeptes de paysages ou de détails ne seront pas non plus déçus. Le DP1 et le DP2 seront plus à l’aise avec leur focale de 28mm et 50mm pour couvrir des photos plus classique de paysage ou de rue.

// As-tu utilisé le mode Monochrome intégré au logiciel SIGMA Photo Pro pour réaliser tes noirs et blanc ? Retrouves-tu le rendu du noir et blanc argentique que tu pratique ?

Oui bien sûr, j’utilise le mode monochrome de Sigma Photo Pro et c’est vrai que le développement d’un RAW X3F me donne un rendu très intéressant proche d’un film Neopan 100 acros, le léger grain en moins, que l’on peut rajouter dans le logiciel avec aussi un effet de vignettage. Mais je n’utilise pas SPP pour « vieillir » une photo mais plutôt pour avoir un vrai noir et blanc, j’apprécie particulièrement le filtre de sélection des couleurs qui permet de jouer sur les différents contrastes du rendu.

// Qu’attends-tu du DP2 Quattro et pourquoi pas, des prochaines versions de DP ? Dis-nous ce qu’il te manque sur les boîtiers actuels !

J’ai eu la chance de prendre en main le DP2 Quattro à son annonce en France et j’avoue être encore tombé amoureux de ce nouveau boitier, il apporte de nombreuses améliorations qui manquaient aux générations précédentes de DP : l’autofocus plus véloce, l’assistance lumineuse (que j’aurais bien aimé avoir pour un shoot d’un modèle en pleine nuit sur mon dp3…), le dessin carré et non plus rectangulaire des zones AF (beaucoup plus pratique pour le cadrage en mode portrait), la gestion de la balance des blancs par degré Kelvin… cela me manque cruellement sur mon DP3 et sur SPP, je l’ai demandé longtemps à Sigma et c’est désormais chose faite sur SPP 6 et le DP2 Quattro. Bien entendu, j’attends le nouveau DP3 avec impatience et je rêve qu’il sorte en 85mm ou 90mm. Sur les boitiers actuels de la marque il ne me manque pas grand chose, par contre j’attends vraiment une version de SPP beaucoup plus rapide et quelques ajouts sur l’interface. L’intégration de Sigma capture pro pour les DP serait vraiment un plus pour les prises de vue en studio en mode connecté.

// Quels sont tes prochains projets photographiques ?

Mon prochain projet photographique sera sans doute plus rapide que ce dernier qui s’est déroulé sur le mois de septembre entier … Ce sera certainement pour Halloween où ma maquilleuse prendra un malin plaisir à donner un côté obscur à ses nouvelles créations, donc aux miennes…

Merci à Hugues d’avoir partagé avec nous son expérience du capteur Foveon en studio.

Retrouvez plus d’images sur ses différents sites :
http:[email protected]
http://hachd.prosite.com/
https://www.facebook.com/hachdmedia

Les travaux de l’artiste maquilleuse Pauline Lazzarini sont visibles sur sa page Facebookhttps://www.facebook.com/paulinemakeupartisttours


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